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Travel Stories - 2 years after anti-blog with sounds
Journées de voyage, longues et éprouvantes journées de voyage, de cahots, de poussière, de cohue, de sueurs, journées de voyage, journées de rencontres.
Une fois les billets pour KaShi acheté, c'est le vacarme d'une gargote près de la gare. Un kebab délicieux, des brochettes dans un pain frais.
Hier, vers vingt heures, le bus couchette Nissan flambant neuf part de Urumuqi avec une ponctualité germanique. Il est confortable, les trois rangées de couchettes sont astucieusement organisées sur deux étages.Mes pieds se logent assez confortablement dans un caisson métallique qui sert de repose tête à la personne de devant.
Nous roulons toute la nuit jusqu'à Kuche, vers huit heures.
Le début du parcours est impressionnant de nouveauté, une belle autoroute, lisse et bien entretenue. Puis c'est une piste, cahoteuse à souhait, à moitié éboulée dans un oued peu profond, puis, le désert, droit, venteux et sec.
Je ne me souviens pas de grand chose, je dors dès la fin de la moitié du second film, James bond, après Rambo II.Je me réveille sans comprendre ce qu'il se passe, lorsque le bus s'arrête, bloqué par une manoeuvre militaire.
De KuChe, je ne vois rien, à part la gare routière et le trajet en taxi pour rejoindre la gare ferroviaire, juste le temps d'aller acheter un billet "debout" à quarante et un yuans pour Kashgar et de rencontrer un français incroyable, Bernard, soixante ans, retraité vivant à la Réunion. C'est son onzième voyage en Chine.

Vraiment barroudeur, malgré sa grosse valide rouge nous sympathisons vite. Il a un petit carnet index vraiment très bien fait, contenant tous les mots utiles ainsi que les bases de la culture et de l'histoire chinoise.Je reste perplexe en revanche sur le contenu de son énorme valise rouge.
Le voyage en train est éprouvant ,de treize heures à minuit dans une marée humaine, poisseuse, sonore, mouvante dès la montée dans le train surchargé.
Petit à petit, nous aménageons à 4, un tas de sacs entre deux wagons près des toilettes. A part deux arrestations, quelques mouvements de foule, le trajet bien que physiquement dur est une pure merveille.
Je recontre de vieux Ouighours se fabriquant des cigarettes ou des pipes avec du papier journal, je discute avec un tas de gens de choses diverses et variées, non sans difficultés.Cela commence par un jeune de quinze ans et un étudiant de vingt et un ans ayant fais quatre mois d'anglais dont nous sommes les premières rencontres étrangères.
Dans le train je prends beaucoup de photos de ces rencontres, de ces regards paisibles qui m'offrent des sourires et des fruits. Je n'oublierai jamais le regard de cette femme avec sa petite fille que j'ai photographiées et de son voisin au visage sublime. De nombreuses personnes ont les yeux clairs, et je perçois parfois dans leur regard curieux une certaine tendresse., peut-être à cause de ma façon de voyager, égale à la leur. Je mange une pêche délicieuse offerte par mon voisin d'en face lorsque je m'installe enfin sur un vrai siège. A gauche, par la fenêtre il y a le désert du Taklamakan s'étendant à l'infini, interrompu par quelques oasis ou des oueds débordants. A droite, des montagnes plissées, aux couleurs presque nacrées et au loin les premières neiges éternelles du Pamir éclairées par un coucher de soleil nuageux très impressionnant.
J'adore ce pays aux milles visages. J'ai adoré filer vers vers l'ouest, cet est rêvé. Quand je regarde une carte et que je vois où je suis, j'ai du mal à réaliser.